Un «FHQU» quartier général d'Hitler à Angevillers en Moselle


Monsieur Gabriel Maire, qui fut pendant de longues années premier magistrat de la commune d'Angevillers (annexée de fait en 1940 par les Allemands et devenue Arzweiler), a souvent parlé d'un bâtiment qui, entouré de mystères, lui paraissait suspect et ce sous divers aspects. Cette construction récente située en plein bois sur les limites de la ligne Maginot était communément appelée «Le bunker du Führer» par les habitants de ce village et l'on prétendait qu'Hitler était venu en personne à cet endroit. Il en a été question dans l'ouvrage «Le canton du fer» qui ne lui consacre que quelques lignes.

Des recherches effectuées par la suite, avec la participation de M. André Hohengarten, (co-auteur de l'ouvrage «Hinzert, Das SS Sonderlager im Hunsrück 1939-1945», Imprimerie St-Paul, Luxembourg 1983), devaient permettre de prouver qu'il s'agissait bien là d'un quartier général d'Hitler. A l'époque la presse devait relater ces faits pour le moins surprenants.

Il s'agissait d'une construction d'un étage, dépassant légèrement le niveau du sol, faite en béton armé et épousant la forme d'un «T» renversé, mesurant 53 mètres sur 35 mètres. Le tout est bien conservé et l'édification semble récente. Sur l'aile gauche côté Nord s'étend une rangée de petites pièces individuelles qui rappellent l'agencement d'un hôtel, comme les dix pièces qui composent l'aile gauche côté Sud-Est. Sur l'aile droite par contre, il n'existe que quatre grandes pièces. Cette partie est coupée en deux. Une première partie située au Nord semble convenir à l'aménagement d'un «studio» avec W.C., lavabos indépendants, qui dispose en plus d'une salle de séjour (ou de réunion) vers l'Est. C'est cet aménagement, le plus spacieux, qui dispose d'ouvertures qui permettent de communiquer dans toutes les directions intérieures et extérieures. La deuxième partie consiste en une salle «tactique» avec une salle de réunion à l'Est.

Nous nous sommes adressés aux services allemands des archives militaires à Freiburg-im-Breisgau. Ceux-ci, d'après les documents en leur possession, n'avaient aucune connaissance de cette «Anlage Brunhilde» implantée dans le secteur de Thionville. Mais, entre-temps, nous avons appris que Peter Hoffmann se trouvait, comme professeur titulaire, à la McGill University à Montréal (Canada). Ce dernier était particulièrement renommé pour ses différents travaux sur l'histoire de la résistance allemande à l'encontre d'Hitler. Il a publié le résultat de ses études dans un ouvrage intitulé (4) «Widerstand-Staatsstreich-Attentat (Résistance, coup d'Etat, attentat) - Der Kampf der Opposition gegen Hitler (Le combat de l'opposition contre Hitler). Nous nous sommes adressés à lui pour lui faire part de toutes ces constatations. Dans sa réponse cet éminent historien nous a certifié qu'une telle installation devait avoir existé et ceci bien que dans l'édition allemande de son livre «Die Sicherheit des Diktators» il n'en fasse pas mention. Il précisait par ailleurs que dans l'édition anglaise(s) de Hitler's personal security/ il est question de cette «Anlage Brunhilde». Ce dernier ouvrage est plus fouillé que le précédent. Cette inscription de «Brunhilde» se base sur les ordres de Guderian, en date des 12 février et 26 février 1944. Ces pièces sont conservées dans les archives du quartier général des armées - Section opérations.

«Brunhilde» figure également sur une liste, incomplète par ailleurs, des quartiers généraux établis en 1944 (?) par le Berliner Lithographisches Institut Berlin (1, 2, extrait) W 35 im Auftrage des Gen. St.d.H. /Abt.f. /Kr. Kart.u.Verm. Wes. (II). En nous adressant une copie de ce document, le professeur Hoffmann devait y mentionner que, peut-être, cette installation près d'Angevillers pourrait s'identifier à Brunhilde.

Un plan, des photos concernant ces édifices furent adressés au professeur. Il trouva ces preuves si intéressantes qu'il prit immédiatement contact avec son ami le Dr Richard Raiber de Hockessin (U.S.A.), auteur de l'article cité sur les quartiers généraux et publié par la revue «After the battle» (extrait d'une carte des quartiers géneraux d'Hitler) pour l'informer de ces nouvelles données. Ce dernier se mit aussitôt en rapport avec nous pour avoir de plus amples détails. Ceux-ci étaient les premiers éléments concrets qui puissent permettre de confirmer les indications contenues dans les documents cités plus haut.
Après étude de la documentation que nous avons mise à la disposition du docteur Raiber, celui-ci devait conclure que les constructions édifiées sur le domaine du «Gros ouvrage de Rochonvillers» devaient former une partie, sinon toute l'installation Brunhilde. Les points suivants devaient le convaincre:
1) toute l'installation est située au Nord-Ouest de Thionville;
2) les deux bâtiments se trouvent sur la ligne Maginot;
3) les bois (pour camouflage et sécurité) semblent être privilégiés pour installer les Q.G. d'Hitler;
4) dans une documentation, «Brunhilde» est considérée comme n'étant pas totalement achevée. C'est le cas d'Angevillers;
5) la ressemblance des modes de construction (un étage en béton) employés à Angevillers avec celles de «Wolfsschlucht 2» ou «W2» près de Margival;
6) les témoignages des habitants d'Angevillers qui, durant l'annexion de fait de 1940, s'appelait «Arzweiler».

A tous ces points nous pourrions ajouter que dans toute la région thionvilloise il n'existe aucune installation, à part celle que nous venons de décrire, qui puisse, de par sa conception, s'identifier avec «Anlage Brunhilde».


Table
| Le KDO. de THIL | Ici il s'est passé quelque chose | Evolution du nom |
| Le service de l'armement de Nancy | Pourquoi le choix de Thil |
| Les effectifs | Les Disparus | Témoingnages | Les moyens | Destruction
| Série de photos de l'usine | "Visit to underground - V1 Manufacturing plant" |
| "Anlage Brunhilde" | L'accord Volkswagen-Peugeot |
| Similitudes et relations entre Thil et Kochendorf |